À l’occasion de la Journée internationale des coopératives, célébrée chaque année le premier samedi de juillet, Action Preserve salue la contribution des coopératives au développement économique et social de l’Ituri. Véritables moteurs de l’économie locale, les coopératives minières créent des emplois, soutiennent les moyens de subsistance de milliers de ménages et participent au développement des communautés.

Cependant, cette journée est aussi une occasion de rappeler qu’une coopérative ne peut être véritablement durable que si elle respecte pleinement ses responsabilités environnementales. La restauration des sites miniers dégradés, la protection des cours d’eau et la préservation des écosystèmes doivent désormais être considérées comme des priorités au même titre que les obligations sociales.

Des coopératives au cœur du développement… mais aussi des défis environnementaux

L’Ituri compte aujourd’hui plusieurs coopératives minières engagées dans l’exploitation artisanale de l’or. Si cette activité constitue un moteur important de l’économie provinciale, elle exerce également une pression croissante sur les ressources naturelles.

Dans les territoires de Djugu, Mambasa et Irumu, l’ouverture de nouveaux sites d’exploitation a entraîné la destruction de vastes superficies forestières, la dégradation des sols et la pollution de plusieurs cours d’eau. Ces impacts compromettent la biodiversité, fragilisent les moyens de subsistance des communautés et accentuent les effets du changement climatique.

La pollution des rivières, une source de tensions entre communautés

Les rivières Ituri, Shari et plusieurs de leurs affluents jouent un rôle essentiel dans la vie des populations. Elles fournissent de l’eau aux communautés, soutiennent les activités agricoles et servent également de limites administratives entre plusieurs chefferies et secteurs.

Lorsque les activités minières modifient le lit de ces rivières ou dégradent leur qualité, les conséquences dépassent largement le cadre environnemental. Elles peuvent favoriser l’érosion, réduire la disponibilité de l’eau, perturber les écosystèmes aquatiques et alimenter des conflits fonciers entre communautés.

À Djugu, plusieurs habitants expriment leur inquiétude.

« Lorsque les rivières changent de cours ou deviennent difficilement identifiables, les limites entre nos terres deviennent elles aussi sources de conflits. Nous craignons que cela provoque davantage de tensions entre communautés », témoigne un habitant rencontré par Action Preserve.

Restaurer les sites miniers : une obligation légale

Pour Action Preserve, les coopératives minières ne doivent pas limiter leurs responsabilités aux seules obligations sociales. La législation congolaise impose également des obligations environnementales claires, notamment la restauration progressive des sites exploités, la protection des ressources en eau, la gestion des déchets et la réduction des impacts sur les écosystèmes.

Pourtant, de nombreux anciens sites miniers demeurent abandonnés après l’exploitation. Ils sont caractérisés par des excavations ouvertes, des sols fortement dégradés, une végétation détruite et des terres devenues impropres à l’agriculture ou au reboisement naturel.

Cette absence de réhabilitation compromet la sécurité des populations, réduit la capacité des écosystèmes à se régénérer et augmente la vulnérabilité des communautés face aux effets du changement climatique.

Faire de la restauration une priorité

Action Preserve estime qu’il est possible de concilier exploitation minière artisanale et protection de l’environnement. Cela passe notamment par :

  • la restauration systématique des sites après exploitation ;
  • le respect des Plans de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) ;
  • la protection des rivières et des zones humides ;
  • le reboisement des espaces dégradés ;
  • la réduction de la pollution des eaux et des sols ;
  • le renforcement des contrôles environnementaux par les services compétents ;
  • la sensibilisation des coopératives à leurs responsabilités environnementales.

Une coopérative responsable ne se mesure pas uniquement à sa production d’or ou au nombre d’emplois qu’elle génère. Elle se mesure également à sa capacité à préserver les ressources naturelles dont dépend l’avenir des générations futures.

Faire des coopératives des partenaires de la restauration écologique

En cette Journée internationale des coopératives, Action Preserve invite les coopératives minières de l’Ituri à devenir de véritables partenaires de la restauration écologique de la province.

Restaurer les sites miniers, reboiser les espaces dégradés, protéger les rivières et prévenir la pollution ne sont pas de simples exigences administratives. Ce sont des investissements essentiels pour préserver les terres agricoles, protéger les ressources en eau, conserver les forêts et renforcer la résilience des communautés face au changement climatique.

Le développement économique ne peut être durable sans la protection de l’environnement. Une coopérative responsable est celle qui laisse derrière elle non seulement des richesses, mais aussi des terres restaurées, des rivières protégées, des forêts préservées et des communautés capables de construire un avenir durable.