La côte de Banana, dans le territoire de Muanda (Kongo Central), a été le théâtre d’une opération environnementale exceptionnelle à la suite de l’échouage d’une baleine survenu le 1er juillet 2026. Après quatre jours passés sur le littoral, la carcasse du cétacé a été retirée dans la nuit du 4 au 5 juillet au terme d’une intervention coordonnée par les autorités locales, les services techniques et les institutions chargées de la protection de l’environnement.
Selon Dépêche.cd, l’opération s’est déroulée vers 4 h 30 du matin au village de Makasamba, situé le long de la Route nationale n°1 reliant Muanda à Boma. Une fosse de grande profondeur y a été aménagée afin d’y enfouir la baleine dans des conditions répondant aux exigences sanitaires et environnementales.
Face à la taille de l’animal et à son état avancé de décomposition, plusieurs institutions ont été mobilisées, notamment l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), les services provinciaux compétents, les autorités administratives et coutumières, ainsi que les communautés locales. L’utilisation d’engins lourds a été nécessaire pour déplacer la carcasse jusqu’au site retenu pour son enfouissement.
Cette intervention visait avant tout à prévenir les risques environnementaux et sanitaires liés à la décomposition d’un mammifère marin de grande taille. Afin de limiter les risques de contamination biologique et les nuisances olfactives, les équipes techniques ont recouvert la carcasse d’une importante quantité de chaux vive, une méthode couramment utilisée pour accélérer la décomposition tout en réduisant la prolifération de micro-organismes pathogènes. Les intervenants étaient équipés de matériels de protection individuelle, tandis que des masques ont été distribués aux personnes présentes sur le site.
Le premier site envisagé pour l’inhumation, situé à Kifuku, a finalement été écarté après des évaluations techniques ayant révélé l’instabilité du sol. Les autorités ont également pris en compte la proximité des installations pétrolières de Perenco RDC afin d’éviter tout risque susceptible d’affecter les infrastructures ou l’environnement.
À l’issue des concertations entre les autorités locales et les chefs coutumiers, le choix s’est porté sur le village de Makasamba. Avant le début de l’opération, des rites traditionnels ont été organisés, témoignant de la volonté d’intégrer les considérations culturelles dans la gestion de cet événement naturel exceptionnel.
Bien que les échouages de baleines demeurent rares sur les côtes congolaises, cet épisode rappelle la nécessité de disposer de mécanismes efficaces pour faire face aux incidents impliquant la faune marine. La décomposition d’un grand cétacé peut en effet entraîner une dégradation temporaire de la qualité de l’air et des sols, attirer des charognards, perturber les écosystèmes côtiers et présenter des risques pour la santé publique si aucune mesure appropriée n’est prise.
Au-delà de la réponse d’urgence, cet événement met en évidence l’importance de renforcer les capacités nationales en matière de surveillance du littoral, de gestion des échouages d’espèces marines et de coordination entre les services environnementaux, sanitaires, scientifiques et les communautés locales. Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, les modifications des écosystèmes marins et l’intensification des pressions humaines sur les océans, les spécialistes estiment que ce type d’événement pourrait devenir plus fréquent, rendant indispensable la mise en place de protocoles d’intervention adaptés pour protéger à la fois la biodiversité marine et les populations riveraines.




