Les rumeurs annonçant la disparition des okapis de la Réserve de faune à okapis (RFO) d’Epulu sont désormais démenties. Après une mission de vérification effectuée vendredi 3 juillet, la Société civile Forces vives du territoire de Mambasa a confirmé, ce samedi 4 juillet 2026, la présence de trois okapis au sein de cette aire protégée emblématique du patrimoine naturel congolais.

Conduite par la coordination territoriale des Forces vives, accompagnée de représentants des organisations de jeunesse, la délégation s’est rendue à Epulu afin de vérifier les informations relayées dans plusieurs communautés faisant état de la disparition de cette espèce endémique de la République démocratique du Congo.

Trois okapis observés, les rumeurs dissipées

À l’issue de la visite des installations de conservation, les membres de la délégation affirment avoir observé trois okapis, dont une femelle et deux mâles, mettant ainsi fin aux spéculations qui alimentaient les inquiétudes au sein de la population.

« Nous avons voulu vérifier les informations qui circulaient dans la communauté. Après notre visite, nous pouvons confirmer la présence de trois okapis dans la réserve. Il était important de rétablir les faits et de rassurer la population », a déclaré Mungeni Yuma Imurani, coordonnateur de la Société civile Forces vives de Mambasa.

Une réserve confrontée à de multiples pressions

Au-delà de la question des okapis, la mission a permis d’échanger avec les responsables de la réserve sur les nombreux défis qui menacent aujourd’hui cet écosystème exceptionnel, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Parmi les préoccupations évoquées figurent le braconnage, l’exploitation minière illégale, les empiètements sur les espaces protégés ainsi que la précarité économique des communautés riveraines.

Selon les Forces vives, ces difficultés contribuent à alimenter les tensions entre les populations locales et les gestionnaires de la réserve, rendant la conservation plus complexe.

Conserver la biodiversité tout en développant les communautés

Pour la Société civile, la protection durable de la Réserve de faune à okapis ne peut être dissociée de l’amélioration des conditions de vie des populations vivant à sa périphérie.

La délégation plaide pour la création d’emplois, le développement d’activités génératrices de revenus (AGR) et une implication accrue des communautés dans les programmes de conservation.

Elle recommande également que les organisations locales de Mambasa, Wamba et Watsa soient davantage associées aux projets de développement et de conservation afin de renforcer l’appropriation locale des initiatives environnementales.

Conservation et droits humains doivent aller de pair

Les Forces vives ont également insisté sur la nécessité de respecter les droits humains dans la lutte contre les activités illégales au sein de la réserve.

Selon Mungeni Yuma Imurani, toute personne soupçonnée d’infraction doit être traitée dans le respect de la loi, sans recours à la torture, aux violences ou aux traitements dégradants.

Renforcer le dialogue pour préserver un patrimoine mondial

À l’issue de la mission, la Société civile Forces vives s’est félicitée de l’ouverture manifestée par les gestionnaires de la Réserve de faune à okapis.

Elle estime qu’un dialogue permanent entre les autorités de conservation, les communautés locales, la société civile et les partenaires constitue la meilleure voie pour protéger durablement les okapis, préserver la biodiversité exceptionnelle de la réserve et promouvoir un développement bénéfique pour les populations riveraines.

Pour les Forces vives, l’avenir de la Réserve de faune à okapis dépendra autant des efforts de conservation que de la capacité à faire des communautés locales de véritables partenaires de la protection de ce patrimoine naturel unique au monde.