Les acteurs de la société civile engagés dans le cadre du Forum congolais de la société civile du Bassin du Nil ont lancé un appel à placer la lutte contre le réchauffement climatique au cœur des politiques de protection des ressources en eau. Réunis à Bunia avec des jeunes et des femmes de la province de l’Ituri, ils ont insisté sur le rôle déterminant des communautés locales dans la préservation des sources du fleuve Nil, l’un des plus importants cours d’eau du continent africain.
Organisé dans le cadre d’un atelier de dialogue du Réseau national des jeunes sur la gestion des ressources en eau transfrontalières du Bassin du Nil, cet échange visait à renforcer les connaissances des participants sur les enjeux environnementaux liés au changement climatique et à promouvoir une gestion durable des écosystèmes qui alimentent le Nil.
Pour les organisateurs, la République démocratique du Congo occupe une position stratégique au sein du Bassin du Nil. Les cours d’eau qui prennent leur source dans l’est du pays contribuent au réseau hydrologique du fleuve, dont dépendent des millions de personnes pour l’eau potable, l’agriculture, la pêche et la production d’énergie dans plusieurs États africains. Le vice-président du Forum congolais de la société civile du Bassin du Nil, Dieudonné Lossa, a appelé à une prise de conscience collective face aux menaces qui pèsent sur les ressources en eau.
« La bonne guerre que nous devons mener aujourd’hui, c’est celle contre le réchauffement climatique. Si nos actions favorisent le réchauffement climatique, nous détruirons les sources du Nil et son écoulement pourrait être compromis », a-t-il déclaré.
Selon lui, la déforestation, la pollution, la dégradation des bassins versants et d’autres activités humaines fragilisent progressivement les sources qui alimentent le fleuve. Il estime que les jeunes doivent devenir les premiers défenseurs de ces écosystèmes en adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement et en décourageant toute activité susceptible d’accélérer leur dégradation.
Les échanges ont également porté sur les conséquences potentielles du changement climatique sur les ressources hydriques. Les participants ont été sensibilisés aux risques liés à la baisse des niveaux des cours d’eau, un phénomène qui pourrait affecter l’ensemble des pays du Bassin du Nil, y compris ceux situés en aval comme l’Égypte.
L’atelier a par ailleurs mis en avant l’importance d’une participation accrue des femmes dans la gouvernance des ressources en eau. Les organisateurs ont plaidé pour une meilleure reconnaissance de leur rôle dans la protection de l’environnement, tout en soulignant les défis qu’elles rencontrent dans leur accès aux instances de décision.
Au-delà du contexte sécuritaire que traverse l’Ituri, marqué par des conflits armés qui touchent une partie de la jeunesse, les organisateurs estiment que les enjeux climatiques ne peuvent être relégués au second plan. Pour eux, la protection des sources du Nil constitue un investissement pour la sécurité environnementale, le développement durable et la résilience des populations de toute la région.
À travers cette initiative, les acteurs de la société civile espèrent susciter un engagement durable des jeunes et des femmes afin que la préservation des ressources en eau devienne une responsabilité partagée. Leur message est clair : protéger les sources du Nil aujourd’hui, c’est contribuer à garantir l’avenir de millions de personnes qui dépendent de ce fleuve à travers l’Afrique.
Joël Heri Budjo




