À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, célébrée chaque 17 juin, Action Preserve alerte sur la situation préoccupante qui frappe la chefferie des Kakwa, dans le territoire d’Aru, au nord-est de la République démocratique du Congo.
Depuis plusieurs mois, une sécheresse sévère touche les 5 groupements que compte cette entité coutumière, située à plus de 250 kilomètres de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Les conséquences se font déjà sentir sur l’agriculture, l’élevage, la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau potable.
Selon les témoignages recueillis, les pluies se font de plus en plus rares depuis plusieurs mois. Cette situation perturbe fortement les activités agricoles, principale source de survie pour de nombreuses familles. Les champs produisent moins, les pâturages se dessèchent et les points d’eau deviennent insuffisants pour répondre aux besoins des populations et du bétail.
« Depuis janvier, il pleut rarement, et cela affecte négativement la population de la chefferie des Kakwa dans plusieurs secteurs », confirme une source locale.
Une crise climatique aux conséquences sociales graves
Cette sécheresse ne constitue pas seulement un problème environnemental. Elle représente aussi une menace directe pour la sécurité alimentaire des ménages. La rareté des vivres provoque déjà une hausse des prix sur les marchés locaux, rendant l’accès à la nourriture de plus en plus difficile pour les familles vulnérables.
Des cas de malnutrition seraient déjà observés dans certaines localités, signe que la crise climatique commence à se transformer en crise humanitaire. Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les ménages déplacés figurent parmi les catégories les plus exposées.
L’élevage, autre pilier économique de la chefferie, est également fortement touché. Le manque d’herbes et la diminution des ressources en eau fragilisent les animaux, réduisent la production et augmentent les risques de pertes pour les éleveurs.
La pression des réfugiés sud-soudanais aggrave la situation
La crise est davantage accentuée par l’arrivée continue de milliers de réfugiés sud-soudanais dans cette partie du territoire d’Aru. Fuyant l’insécurité dans leur pays, ces populations trouvent refuge sur le sol congolais, mais leur présence exerce une pression supplémentaire sur les ressources déjà limitées.
L’eau, les terres cultivables, les pâturages et les vivres deviennent de plus en plus insuffisants pour répondre aux besoins à la fois des communautés autochtones et des réfugiés. Cette situation exige une réponse urgente, coordonnée et durable.
Une menace liée aux effets de la désertification
Pour Action Preserve, la sécheresse observée dans la chefferie des Kakwa illustre les effets croissants de la désertification et du changement climatique dans certaines zones de l’Ituri. La proximité avec des régions sahéliennes, la dégradation du couvert végétal, la pression démographique et la faible résilience des communautés rendent cette entité particulièrement vulnérable.
Cette crise rappelle l’urgence d’investir dans des solutions durables : restauration des terres dégradées, reboisement, protection des sources d’eau, agriculture résiliente au climat et gestion durable des ressources naturelles.
Action Preserve plaide pour une réponse urgente et durable
Face à cette situation, Action Preserve appelle le gouvernement congolais, les autorités provinciales, les partenaires humanitaires et les acteurs du développement à intervenir rapidement.
L’urgence consiste d’abord à apporter une assistance aux populations touchées, notamment en matière d’eau potable, de sécurité alimentaire et d’appui aux ménages vulnérables. Mais au-delà de l’urgence, il est nécessaire de renforcer les capacités de résilience des communautés dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la gestion des ressources en eau.
« En plus de l’assistance d’urgence, il est important de renforcer les capacités résilientes de la population dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et des ressources en eau, dans cette entité menacée par les effets de la désertification », plaide Action Preserve.
Un appel à agir avant qu’il ne soit trop tard
La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse doit être une occasion de rappeler que les effets du changement climatique ne sont plus une menace lointaine. Ils affectent déjà les communautés rurales, réduisent les moyens de subsistance et exposent des milliers de familles à l’insécurité alimentaire.
Dans la chefferie des Kakwa, l’heure n’est plus seulement au constat. Il faut agir rapidement pour sauver les récoltes, protéger le bétail, garantir l’accès à l’eau potable et accompagner les communautés vers des pratiques agricoles plus résilientes face aux changements climatiques.
Au-delà de l’assistance humanitaire, Action Preserve appelle le gouvernement congolais, les partenaires techniques et financiers, les organisations de conservation ainsi que les acteurs du développement à investir davantage dans les programmes de restauration des paysages dégradés. La mise en œuvre des projets REDD+, le reboisement à grande échelle, l’agroforesterie et la protection des bassins versants constituent des solutions durables pour lutter contre la désertification et renforcer la disponibilité des ressources en eau.
Face à l’avancée de la sécheresse dans cette partie de l’Ituri, l’implication de tous les acteurs devient indispensable. Restaurer le couvert végétal aujourd’hui, c’est renforcer la résilience des communautés demain, protéger les terres agricoles, préserver les ressources en eau et assurer un avenir plus durable aux générations futures.
Pour Action Preserve, investir dans le reboisement et les initiatives REDD+ dans la chefferie des Kakwa n’est plus une option, mais une nécessité urgente pour freiner les effets de la désertification et du changement climatique qui menacent la région.




